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Every opera fan has a particular idea of the “Verdi soprano”, but Davidsen isn’t interested in labeling her instrument. “For me, a soprano who sings Verdi is a Verdi soprano”, she explains. In her view, good Verdi singing must blend power, technical ease, and elegant legato. Comparing her Wagner and Verdi roles, “maybe Elisabeth in Tannhäuser is the highest of the Wagner that I’ve sung, but Verdi demands a higher setting in my voice.”
Davidsen began in Verdi early on portraying a supporting character, Emilia in Otello, at the Royal Danish Opera (“I was actually covering Desdemona at the time and really wanted to sing that role”). Wisely, she chose to wait for the bigger Verdi parts until her career and international reputation were solidly established. After Amelia in Un ballo in maschera was cancelled due to Covid, she premiered her first leading Verdi role, Elisabeth of Valois in Don Carlo, in London in 2023.
The two arias of Elisabeth, wife of Spain’s King Philip II, are among the most affecting for any Verdi heroine. “The first aria shows how kind and understanding she is”, Davidsen notes. “She doesn’t want her lady-in-waiting, the Countess of Aremberg, to leave her to return home to France. Elisabeth is saying she’ll be fine, even though her closest person is leaving her. She’s a very young queen, but she handles this moment in a very grown-up way.” Built on a grander scale vocally, Elisabeth’s second aria seems “an outburst of all the feelings she’s been holding back—her secret love for Philip’s son Carlo, her loss, and her endless tears for the situation she now is in. I love that she is filled with all these emotions, and the fact that in public no one knows what’s hiding behind her.”
An even greater Verdian challenge followed, Leonora in La forza del destino (Metropolitan Opera, 2024). In hailing Davidsen’s role debut, The New York Times proclaimed that “there are vanishingly few artists in the world singing with such generosity, sensitivity and visceral impact”.
For this album Davidsen includes the episodes that bookend Leonora’s tour de force monastery scene: the anguished monologue, “Son giunta … Madre, pietosa Vergine”, and the luminous prayer, “La Vergine degli Angeli”. For Davidsen, the role represents “a very emotional and intense journey” after she’s separated from her lover, Alvaro, and must flee from her vengeful brother, Carlo. “She starts the scene completely exhausted, and still there is a long way to go.” Davidsen admires Leonora’s courage, and her refusal to give up. For her, “La Vergine degli Angeli” is “the last hope. The last prayer. There is no turning back for her at that moment, and it gives her the calm of very focused attention. It’s very ’here and now’.”
As with Don Carlo and Forza, the contrasts in the big moments for Ballo’s Amelia are vivid. Davidsen finds immeasurable interpretative possibilities in Verdi’s writing for the harrowing gallows scene, “which demands variety in all aspects.” This is a vulnerable character, but Davidsen also appreciates Amelia’s considerable strength in how her emotions are expressed. The soprano is particularly attracted to Amelia’s plea to her husband, “Morrò, ma prima in grazia”, an aria Davidsen previously used for auditions and now regularly includes in her concerts.
Davidsen’s Lady Macbeth, first heard in Copenhagen (May 2026, concert performances), is scheduled to open the Met’s 2026/27 season. Besides vast range and formidable flexibility, the role also requires eloquent use of the speaking voice. This occurs in Lady Macbeth’s opening scena: she reads aloud her husband’s letter before launching into her first blazing recitative. Davidsen recognizes that considerable volume is necessary to put the reading across in a live performance, but “in recording you can do it like it’s supposed to be”. Her goal is to balance the scale of the theatre with the need to speak the text as naturally as possible. Davidsen also enjoys the darkness and intensity of Act Two’s mesmerizing “La luce langue”, and she looks forward to being able to create the eerie atmosphere of the sleepwalking scene onstage.
Although Davidsen’s future plans don’t include the title role of Aida, she was eager to include “Ritorna vincitor!” on this album. “I especially love from ’Numi, pietà’ to the end. I think it’s because the beginning of the aria is so full of power, and then there’s this change to the prayer. The purity of it, the begging for mercy—it’s so well written. Hard to sing, but beautiful!”
Roger Pines © 2026
Chaque amateur d’opéra peut bien avoir une idée particulière de la «soprano Verdi», Davidsen n’éprouve pas le besoin de mettre une étiquette sur sa voix. «Pour moi, une soprano qui chante Verdi est une soprano Verdi», dit-elle simplement. Bien chanter Verdi implique à ses yeux un mélange de puissance, d’agilité technique et d’élégant legato. Lorsqu’il s’agit de comparer ses rôles de Wagner et de Verdi, elle explique: «Élisabeth de Tannhäuser est peut-être le Wagner le plus aigu que j’ai chanté, mais Verdi exige un placement plus aigu de ma voix.»
Davidsen se lance dans Verdi de bonne heure, incarnant un personnage secondaire d’Otello, Emilia, à l’Opéra royal danois («J’étais en fait une doublure de Desdémone et voulais vraiment chanter ce rôle»). Sagement, elle attend pour s’attaquer aux grands personnages verdiens que sa carrière et sa réputation internationale soient solidement établies. Son Amelia du Bal masqué tombe à l’eau à cause du Covid mais en 2023, à Londres, elle crée son premier grand rôle verdien, Élisabeth de Valois dans Don Carlo.
Les deux airs d’Élisabeth, épouse du roi d’Espagne Philippe II, font partie des plus émouvants, toutes héroïnes verdiennes confondues. «Le premier montre la gentillesse du personnage et sa faculté de compréhension», souligne Davidsen. «Élisabeth ne souhaite pas que sa dame de compagnie, la comtesse d’Aremberg, qui est la personne la plus proche d’elle, retourne en France, mais elle la console face à cette nécessité. C’est une reine très jeune, mais elle aborde cette situation d’une manière on ne peut plus adulte.» Dans le deuxième air, d’une plus grande envergure vocale, Élisabeth semble «laisser libre cours à tous les sentiments qu’elle a réprimés: son amour secret pour Carlo, le fils de Philippe II, le regret de ce qu’elle a perdu, l’amertume de sa situation qui lui fait verser des torrents de larmes. Je suis séduite par le fait qu’elle soit en proie à toutes ces émotions et que personne dans le public ne sache ce qui se cache en elle.»
Un défi verdien encore plus grand suit en 2024, au Metropolitan Opera: la Leonora de La Force du destin. Saluant les débuts de Davidsen dans ce rôle, le New York Times estime qu’il y a «de moins en moins d’interprètes qui chantent avec autant de générosité, de sensibilité et de force viscérale».
Pour cet album, Davidsen a choisi les épisodes qui encadrent la scène du monastère, véritable tour de force dans la partie de Leonora: le monologue plein d’angoisse «Son giunta … Madre, pietosa Vergine» et la prière lumineuse «La Vergine degli Angeli». Le rôle représente pour la soprano «un cheminement très émotionnel et intense»: Leonora a été séparée de son amant Alvaro et doit fuir son frère Carlo, assoiffé de vengeance. «Complètement épuisée dès le début de la scène, elle est encore loin d’être arrivée au bout de ses peines», raconte Davidsen, qui admire le courage de Leonora et son refus d’abandonner. La «Vierge des Anges» est son «dernier espoir. Sa dernière prière. Elle ne peut plus faire machine arrière, et cela lui donne une grande sérénité et fixe son attention. C’est très “ici et maintenant”.»
Dans les grands moments de la partie d’Amelia du Bal masqué, comme dans Don Carlo et La Force du destin, les contrastes sont saisissants. Davidsen trouve d’innombrables possibilités de modeler l’écriture de Verdi dans la scène déchirante du gibet, «qui exige de la variété dans tous les aspects», insiste-t-elle. Elle apprécie chez Amelia, bien que ce soit un personnage vulnérable, la grande force avec laquelle elle exprime ses émotions. Elle a notamment une prédilection pour sa supplique à son époux, «Morrò, ma prima in grazia», un air qu’elle a souvent choisi pour ses auditions et qu’elle inscrit maintenant régulièrement à ses programmes de concert.
Davidsen reprendra Lady Macbeth, qu’elle a chantée pour la première fois à Copenhague, en concert, en mai 2026, pour l’ouverture de la saison 2026/2027 du Metropolitan. Le rôle, outre qu’il fait appel à une vaste tessiture et nécessite une formidable souplesse vocale, exige également un usage éloquent de la voix parlée. Lady Macbeth en fait usage dès son entrée en scène: elle lit à voix haute la lettre de son époux avant de s’engager dans son premier récitatif enflammé. Davidsen sait qu’un volume considérable est nécessaire pour faire passer le texte à la scène mais «en séance d’enregistrement on peut le dire comme il est censé être lu». Son objectif est de trouver un équilibre entre la dimension théâtrale et la nécessité de lire le texte le plus naturellement possible. La soprano norvégienne aime également la noirceur et l’intensité du fascinant «La luce langue», à l’acte II, et elle se réjouit de pouvoir bientôt créer sur les planches l’atmosphère inquiétante de la scène de somnambulisme.
Si le rôle titre d’Aïda ne figure pas parmi les projets de Davidsen, elle tenait à inclure «Ritorna vincitor!» dans le programme de cet album. «J’aime particulièrement la fin de l’air, à partir de “Numi, pietà”. Je crois que c’est à cause du changement de climat, on passe d’un grand déploiement d’énergie au début à une prière. La pureté de cet appel à la pitié, c’est si bien écrit. Difficile à chanter, mais magnifique!»
Roger Pines © 2026
Français: Daniel Fesquet
Opernliebhaber haben oft sehr spezifische Vorstellungen davon, was einen „Verdi-Sopran“ auszeichnen sollte; Davidsen selbst zeigt jedoch kein Interesse an einer solchen Kategorisierung ihres Stimmfachs. „Für mich ist eine Sopranistin, die Verdi singt, eine Verdi-Sopranistin,“ erklärt sie. Ihrer Auffassung nach verlangt ein adäquater Verdi-Vortrag Energie, technische Gewandtheit und elegantes Legato. Zum Vergleich ihrer Wagner- und Verdi-Rollen meint sie: „Die Elisabeth im Tannhäuser ist wohl die höchste Wagner-Partie, die ich bisher gesungen habe, aber in Verdi ist die Stimmlage insgesamt höher.“
Schon früh hatte Davidsen eine Verdi-Rolle übernommen—die Nebenrolle der Emilia in Otello an der Königlichen Oper in Kopenhagen („Ich war Zweitbesetzung für die Desdemona und hätte diese Rolle allzu gerne auch aufgeführt“). Sie war besonnen genug, mit den größeren Verdi-Rollen abzuwarten, bis ihre Karriere und ihr internationaler Ruf auf einem soliden Fundament standen. Nachdem ihre Amelia in Un ballo in maschera aufgrund der Coronavirus-Pandemie abgesagt worden war, konnte sie 2023 in London als Elisabetta di Valois in Don Carlo ihre erste Verdi-Hauptrolle übernehmen.
Die beiden Arien der Elisabetta, der Ehefrau des spanischen Königs Philipp II., gehören zu den anrührendsten, die Verdi für seine Heldinnen geschrieben hat. „Die erste Arie zeigt, wie freundlich und verständnisvoll sie ist,“ meint Davidsen. „Sie möchte eigentlich nicht, dass ihre Begleiterin, die Gräfin von Aremberg, nach Frankreich zurückkehrt. Elisabetta sagt aber, sie werde auch ohne ihre engste Freundin zurechtkommen. Sie ist zwar eine sehr junge Königin, geht aber mit dieser schwierigen Situation sehr erwachsen um.“ Die stimmlich imposanter angelegte zweite Arie der Elisabetta scheint „ein Ausbruch all ihrer aufgestauten Gefühle zu sein—über ihre heimliche Liebe zu Philipps Sohn Carlo, ihren Verlust und ihre endlosen Tränen über ihre gegenwärtige Lage. Mich begeistert diese Fülle von Emotionen und die Tatsache, dass die Öffentlichkeit keine Ahnung hat, was sich hinter ihr verbirgt.“
2024 folgte eine noch größere Verdi‘sche Herausforderung: Die Leonora in La forza del destino an der Metropolitan Opera. Die New York Times pries Davidsens Debüt in dieser Rolle emphatisch und schrieb: „Es gibt derzeit weltweit kaum Künstler, die mit solcher Generosität, Sensibilität und emotionalen Wucht singen.“
In diesem Album trägt Davidsen die beiden Szenen zu Beginn und am Ende der Klosterszene vor, eine Tour de Force Leonoras: den bangen Monolog „Son giunta … Madre, pietosa Vergine“ und das inbrünstige Gebet „La Vergine degli Angeli.“ Für Davidsen repräsentiert die Rolle „eine sehr emotionale, intensive Entwicklung“ nach der Trennung von ihrem Geliebten Alvaro und auf der Flucht vor ihrem rachsüchtigen Bruder Carlo. „Zu Beginn der Szene ist sie völlig erschöpft, hat aber noch einen weiten Weg vor sich.“ Davidsen bewundert den Mut der Leonora und ihre Weigerung, aufzugeben. Für sie ist „La Vergine degli Angeli“ die „letzte Hoffnung. Das letzte Gebet. Es gibt für sie in diesem Augenblick keinen Weg zurück. Das Gebet bringt sie zur Ruhe, so dass sie sich sammeln kann. Es ist ganz ‚hier und jetzt‘.“
Wie in Don Carlo und La Forza sind auch die Kontraste in den großen Momenten der Amelia-Partie im Ballo di maschera sehr markant. Schier unendliche Interpretationsmöglichkeiten sieht Davidsen in Verdis Musik zur erschütternden Galgenszene, „die in allen Aspekten Variabilität verlangt“. Die Amelia ist eine verletzliche Person, der Davidsen aber auch eine ausgeprägte Fähigkeit zuschreibt, ihre Emotionen auszudrücken. Besonders fühlt sich die Sopranistin zu der Arie „Morrò, ma prima in grazia“ hingezogen, mit der Amelia ihren Ehegatten bestürmt. Davidsen trug sie gern bei Vorsingen vor und setzt sie nun regelmäßig auf die Programme ihrer Konzerte.
Davidsens Lady Macbeth, die sie im Mai 2026 erstmals bei Konzerten in Kopenhagen zu Gehör brachte, soll die Saison 2026/27 an der Met eröffnen. Abgesehen von einem beeindruckenden Ambitus und enormer Flexibilität verlangt diese Rolle auch einen eloquenten Gebrauch der Sprechstimme. In der Eröffnungsszene von Lady Macbeths Auftritt liest diese den Brief ihres Ehegatten vor und bricht dann in ihr erstes flammendes Rezitativ aus. Auf der Bühne muss dieser Sprechvortrag mit erheblichem Stimmvolumen erfolgen, um gehört zu werden, weiß Davidsen; „für eine Aufnahme kann man es aber ganz natürlich sprechen.“ Ihr Ziel ist es, die Anforderungen des Theaterauditoriums mit einem möglichst natürlichen Textvortrag in Einklang zu bringen. Auch die düster-bedrückende Stimmung im faszinierenden „La luce langue“ des zweiten Akts liegt Davidsen, die sich bereits darauf freut, auf der Bühne die unheimliche Stimmung der Schlafwandelszene zu erzeugen.
Zwar gehört die Titelrolle der Aida nicht zu den Zukunftsplänen Davidsens, jedoch ließ sie es sich nicht nehmen, die Arie „Ritorna vincitor!“ in dieses Album einzubeziehen. „Ich liebe besonders den Teil von ‚Numi, pietà‘ bis zum Ende. Das liegt, glaube ich, daran, dass der Anfang der Arie so gewaltig ist, und dann folgt dieser Umschwung zum Gebet. Die Reinheit, das Flehen um Gnade—es ist so großartig komponiert. Schwer zu singen, aber wunderschön!“
Roger Pines © 2026
Deutsch: Andreas Kühner