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Commissioned by the Koussevitzky Foundation, this work is dedicated to the memory of a friend of the composer, Ernest Sussman, and written in homage to Olga Koussevitzky. The work received its first European performance by the Parrenin Quartet on 6 January 1977; the Juilliard String Quartet presented it for the first time in the United States on 13 April 1978 in the presence of the composer (Library of Congress, Washington).
Ainsi la nuit is divided into seven sections linked for the most part by parentheses, often very short but important because of the organic role which falls upon them. Allusions as to what is to follow—or to what went before—find their place there and are situated in the manner of reference points. Here, as in other works by Henri Dutilleux, the memory concept intervenes, together with everything associated with it (prefigurations, variations, etc.) and this notion implies a particular subdivision of time, and thus of the form adopted. The different titles, including the general title, refer to a certain poetic or spiritual atmosphere but not in any way to an anecdotal idea.
The seven sections are played practically without interruption. However, one important pause is recommended between the third section, ‘Litanies’, and ‘Parenthèse III’.
Dutilleux was a fastidious and fiercely self-critical composer. His patient reflection and exquisite craftsmanship produced highly distinctive music, and while his works are unfettered by doctrinaire theories, they were conceived by a musician with an endlessly inquiring intellect and a phenomenally subtle ear for musical colour and harmony. Asked in 2010 which pieces of music he would take to a desert island, Dutilleux chose Debussy’s Pelléas et Mélisande (a work also beloved by Messiaen and Boulez), but his other choice was Beethoven’s late quartets: ‘They didn’t move me right away. It took some time before I understood what a revelation they were to me, what they represent in the history of music.’ They were certainly to prove a fertile source of inspiration when Dutilleux began work on Ainsi la nuit in 1973. So, too, were several twentieth-century works, including Bartók’s quartets, Berg’s Lyric Suite and Webern’s tiny, crystalline Bagatelles, Op 9.
According to Dutilleux, he began work on Ainsi la nuit with a group of short studies in sonority, ‘each dealing with the various kinds of string sound: one study in pizzicato, others in harmonics, dynamics, contrasts, opposition of register and so on’. Other musical factors help to bind the work together, particularly its first chord, which is made up of perfect fifths, superimposed on each other. This chord returns in various guises throughout the quartet. Dutilleux also delights in playing with musical structures: he told Roger Nichols that ‘in the movement called “Miroir d’espace” there’s a perfect palindrome, not only from the point of view of pitch but for durations too. But elsewhere in the work the palindromes are deliberately not exact’. Dutilleux once reflected that ‘you could say there’s no longer any point in writing for string quartet, but that’s really rather a narrow point of view … I think the medium still offers opportunities to express oneself.’ In Ainsi la nuit, Dutilleux demonstrates that beyond doubt.
from notes by Nigel Simeone © 2023
Commande de la Fondation Koussevitzky, le quatuor Ainsi la nuit de Henri Dutilleux est dédié à la mémoire d’un ami de l’auteur, Ernest Sussman, et écrit en hommage à Olga Koussevitzky. Le Quatuor Parrenin en a donné la première audition en Europe le 6 janvier 1977 (Ensemble 2e2m, Paris) et le Juilliard String Quartet l’a présenté pour la première fois aux États-Unis le 13 avril 1978 en présence du compositeur (Library of Congress, Washington).
Ainsi la nuit se divise en sept sections reliées pour la plupart les unes aux autres par des parenthèses souvent très brèves mais importantes par le rôle organique qui leur est dévolu. Des allusions à ce qui va suivre—ou ce qui précède—s’y trouvent placées et elles se situent comme autant de points de repère. Ici, comme dans les autres partitions d’Henri Dutilleux intervient le concept de mémoire, avec tout ce qui s’y rattache (préfigurations, variations, etc.) et cette notion implique une subdivision particulière du temps, donc de la forme adoptée. Les différents titres se réfèrent, de même que le titre général, à un certain climat poétique ou spirituel mais nullement à une idée anecdotique.
Les sept sections de l’œuvre se jouent, pratiquement, sans interruption. Une seule pause—importante—est cependant recommandée entre la 3e partie, «Litanies», et «Parenthèse III».
Dutilleux était un compositeur méticuleux et très critique à l’égard de lui-même. Sa patiente réflexion et son art raffiné donnèrent naissance à une musique très caractéristique, et si ses œuvres sont libres de théories doctrinaires, elles furent conçues par un musicien doté d’un esprit infiniment curieux et d’une oreille d’une extraordinaire finesse pour la couleur musicale et l’harmonie. Lorsqu’on lui demanda, en 2010, quels morceaux de musique il emporterait sur une île déserte, Dutilleux choisit Pelléas et Mélisande de Debussy (une œuvre qu’aimaient aussi Messiaen et Boulez), mais son autre choix se porta sur les derniers quatuors de Beethoven: «Ils ne m’ont pas tout de suite ému. Il a fallu un certain temps avant que je comprenne quelle révélation ils étaient pour moi, ce qu’ils représentent dans l’histoire de la musique.» Ils allaient sans aucun doute devenir une source fertile d’inspiration lorsque Dutilleux commença à travailler à Ainsi la nuit en 1973. Ce fut aussi le cas de plusieurs œuvres du XXe siècle, notamment les quatuors de Bartók, la Suite lyrique de Berg et les minuscules et cristallines Bagatelles, op.9, de Webern.
Dutilleux raconte qu’il commença à travailler à Ainsi la nuit avec un groupe de courtes études de sonorités, «chacune traitant de diverses sortes de son des cordes: une étude pizzicato, d’autres sur les harmoniques, la dynamique, les contrastes, les registres opposés, etc.». D’autres facteurs musicaux contribuèrent à unifier l’œuvre, en particulier son premier accord, qui se compose de quintes justes, superposées les unes sur les autres. Cet accord revient sous différentes formes tout au long du quatuor. Dutilleux se délecte aussi à jouer avec les structures musicales: il a dit à Roger Nichols que, «dans le mouvement intitulé “Miroir d’espace”, il y a un palindrome parfait, non seulement en matière de hauteur de son mais également pour les durées. Mais ailleurs dans l’œuvre, c’est à dessein que les palindromes ne sont pas exacts.» Dutilleux se disait un jour «on pourrait penser qu’il n’y a plus lieu d’écrire pour quatuor à cordes, mais c’est une façon de voir plutôt limitée … Je pense que ce moyen d’expression offre des possibilités de s’exprimer.» Dans Ainsi la nuit, Dutilleux le démontre sans l’ombre d’un doute.
extrait des notes rédigées par Nigel Simeone © 2023
Français: Marie-Stella Pâris
Das von der Koussevitzky-Stiftung in Auftrag gegebene Quartett Ainsi la nuit von Henri Dutilleux ist dem Gedenken an einen Freund des Komponisten, Ernest Sussman, gewidmet und als Hommage an Olga Koussevitzky gedacht. Das Werk wurde am 6. Januar 1977 vom Quatuor Parrenin in Europa uraufgeführt; das Juilliard String Quartet spielte es am 13. April 1978 in den Vereinigten Staaten in Anwesenheit des Komponisten zum ersten Mal (Library of Congress, Washington).
Ainsi la nuit ist in sieben Abschnitte gegliedert, die größtenteils durch Klammern verbunden sind, welche oft sehr kurz, aber wegen der ihnen zukommenden organischen Rolle wichtig sind. Anspielungen auf das, was noch folgt—oder auf das, was vorher war—finden dort ihren Platz und sind wie Bezugspunkte angeordnet. Hier, wie auch in anderen Werken von Henri Dutilleux, dominiert das Konzept der Erinnerung alles, was damit zusammenhängt (Vorwegnahmen, Variationen usw.), und dieser Begriff bringt auch eine besondere Unterteilung der Zeit und damit der gewählten Form mit sich. Die verschiedenen Titel, wie auch der Haupttitel, verweisen auf eine bestimmte poetische oder spirituelle Atmosphäre, aber keineswegs auf eine anekdotische Idee.
Die sieben Abschnitte werden praktisch ohne Unterbrechung gespielt. Eine wichtige Pause wird jedoch zwischen dem dritten Abschnitt, „Litanies“, und „Parenthèse III“ empfohlen.
Dutilleux war ein anspruchsvoller und äußerst selbstkritischer Komponist. Sein geduldiges Nachdenken und seine exquisite musikalische Handwerkskunst brachten eine höchst individuelle Musik hervor. Von doktrinären Theorien sind seine Werke nicht eingeschränkt, wurden sie doch von einem Musiker mit einem unermüdlich forschenden Intellekt und einem äußerst feinen Gespür für Klangfarben und Harmonie konzipiert. Als er 2010 gefragt wurde, welche Musik er auf eine einsame Insel mitnehmen würde, entschied sich Dutilleux für Debussys Pelléas et Mélisande (ein Werk, das auch Messiaen und Boulez sehr schätzten), aber auch für die späten Beethoven-Quartette: „Sie haben mich nicht gleich bewegt. Es hat einige Zeit gedauert, bis ich begriffen habe, was für eine Offenbarung sie für mich waren, was sie in der Musikgeschichte repräsentieren.“ Als Dutilleux 1973 mit der Arbeit an Ainsi la nuit begann, erwiesen sie sich als fruchtbare Inspirationsquelle. Ebenso auch mehrere Werke des 20. Jahrhunderts, darunter die Quartette von Bartók, die Lyrische Suite von Berg und die winzigen, gläsernen Bagatellen op. 9 von Webern.
Dutilleux zufolge begann der Entstehungsprozess von Ainsi la nuit mit einer Reihe von kurzen Klangstudien, „die sich mit den verschiedenen Arten von Streicherklängen befassten: eine Studie über Pizzicato, andere über Flageolett, Dynamik, Kontraste, Gegensätze der Register usw.“ Andere musikalische Faktoren tragen zu dem Zusammenhalt des Werks bei, insbesondere der erste Akkord, der aus sich überlagernden reinen Quinten besteht. Dieser Akkord kehrt im Laufe des Quartetts in verschiedener Gestalt wieder. Dutilleux spielt auch gerne mit musikalischen Strukturen. So erklärte er Roger Nichols, dass „in dem Satz namens ‚Miroir d’espace‘ ein perfektes Palindrom“ sei, „nicht nur von der Tonhöhe, sondern auch von der Dauer her. Aber anderswo im Werk sind die Palindrome absichtlich nicht exakt gestaltet.“ An anderer Stelle bemerkte Dutilleux: „Man könnte sagen, dass es keinen Sinn mehr hat, für Streichquartett zu schreiben, aber das ist wirklich eine sehr eingeschränkte Sichtweise … Ich finde, das Medium bietet immer noch Möglichkeiten, sich auszudrücken.“ In Ainsi la nuit beweist Dutilleux dies ohne jegliche Zweifel.
aus dem Begleittext von Nigel Simeone © 2023
Deutsch: Viola Scheffel