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Track(s) taken from CDS44461/7

Pavan and Galliard 'Quadran', BK70

composer
Weelkes (Nos 7, 8), Forster (Nos 51, 52), FVB (Nos 133, 134). [Neighbour, ‘Pavan & Galliard G1’ p 138]

Davitt Moroney (harpsichord)
Recording details: February 1997
Abbaye Royale de Fontevraud, France
Produced by John Hayward-Warburton
Engineered by Ken Blair
Release date: September 1999
Total duration: 13 minutes 21 seconds

Cover artwork: Phoenix. A glass window specially designed, made and photographed by Malcolm Crowthers.
 
1
Paven  [8'47]
2
Galliard  [4'34]

This extremely fine work is based on the Italian Passamezzo moderno bass, in G major. Byrd also used this same bass for another work in G major, the variations on the song Jhon come kisse me now (BK81). In the song variations the melody is only eight bars long; the eight notes of the bass pattern are therefore distributed with one note per bar (G, C, G, D, G, C, D, G). For the Quadran pavan, Byrd decided to adopt — and adapt — the imposing structure of a ‘32-bar’ pavan; that is, the first strain alone is 32 bars long, and the other sections correspondingly long; the six main sections of the whole pavan run to almost two hundred bars. Byrd wrote only one other such ‘32-bar’ work, The nynth pavian, the Passinge mesures (BK2a) in G minor, dating from no later than 1591 and based in complementary fashion on the Passamezzo antico bass. The G major Quadran pieces are clearly written with an eye on the earlier G minor pair, and probably date from the early 1590s.

The eight notes of the bass pattern are here stretched out to fill the 32-bar phrases by making each one last four bars. Although the Passamezzo moderno bass is subjected to a sort of double augmentation, the bass tune itself is never really audible. Certainly, every four bars Byrd has a pre-ordained meeting with the appropriate note of the Passamezzo bass, but between these encounters his free-wheeling bass line continues on its way in a harmonically rich and unexpected manner. It follows that the phrase lengths are exceptionally long, even for Byrd. Since the first strain is followed by its varied repeat, the whole first paragraph of music occupies 64 bars, longer than many of his complete pavans. The Quadran works are only superficially in the ‘dance’ forms of pavan and galliard; since they should clearly be played linked together, they are transformed by the unifying presence of the Passamezzo moderno bass into a uniquely large-scale ground that defies comparison with anything else in English or continental keyboard music of the sixteenth or early seventeenth centuries. Byrd here created a unique musical language; the pavan also contains some of the most grinding dissonances found in any of his keyboard works.

The title ‘Quadran’ is related to the key G major, and to the square-shaped sign used in musical notation to define a natural for the B which is the major third in the tonic chord of G major. (The Passamezzo antico bass is in G minor, and has a B flat in the key signature to indicate the minor third in the tonic chord.) Since the note B natural was then referred to as ‘B quadratum’ the origins of the nickname ‘Quadran’ (sometimes written as Quadrant or Quadro) are clear. Morley refers to a popular version of the bass sung in barbers’ shops as a Gregory Walker: ‘That name in derision they have given this quadrant pavan, because it walketh amongst the barbars and fidlers more common than any other’ (PEIPM, p 120).

Three interesting Quadro settings for lute by John Johnson are known, which must predate Byrd’s settings. Morley and Bull also wrote early keyboard pavans with 32-semibreve sections (Forster, p 96 and FVB No 31, respectively), probably both in the late 1580s and under the influence of Byrd’s Passinge mesures; Byrd then seems to have replied with his Quadran setting in the 1590s, incorporating as he went, and perhaps in homage, little melodic and harmonic references to their less elaborate works. Bull later also wrote another more virtuoso setting, FVB No 32, some details of which, in turn, seem to return the compliment and pay tribute to Byrd’s Quadran.

Thomas Tomkins included Byrd’s remarkable Quadran pair on his first list of Lessons of worthe, going out of his way to note that they were ‘Excellent For matter’. Bull’s Quadran settings are included on the list as being ‘Excellent For the Hand’. This choice of words was no doubt not intended as a slight to Bull, whose Quadran works are technically brilliant. However, Tomkins was well placed to be able to recognise in his master’s work the quite exceptional quality of the musical material and of how it is handled.

from notes by Davitt Moroney © 1999

Ce chef-d’œuvre est construit sur la basse italienne Passamezzo moderno, en sol majeur. Byrd utilise cette même basse pour une autre composition dans la même tonalité, les variations sur la chanson Jhon come kisse me now (BK81). Dans les variations, la mélodie de la chanson ne dure que huit mesures ; les huit notes de la basse sont ainsi distribuées une note par mesure (sol, ut, sol, ré, sol, ut, ré, sol). Pour la pavane Quadran, Byrd décida d’adopter — et d’adapter — la structure imposante d’une pavane “à 32”, c’est-à-dire que la première phrase est de trente-deux mesures et les suivantes sont agrandies de la même façon ; l’œuvre dure ainsi presque deux cents mesures. Byrd a écrit seulement une autre œuvre comparable, The nynth pavian, the Passinge mesures (BK2a) en sol mineur, qui date d’avant 1591 et qui est basée sur la basse Passamezzo antico, en sol mineur. Les deux pièces Quadran sont visiblement écrites en complément de cette paire antérieure en sol mineur ; elles datent sans doute du début des années 1590.

Les huit notes de la basse sont ici étirées pour remplir les trente-deux mesures en faisant durer chaque note pendant quatre mesures. Bien que l’on impose ainsi sur le Passamezzo moderno une sorte de double augmentation, la mélodie de la fameuse basse n’est jamais vraiment audible. Certes, toutes les quatre mesures, Byrd organise une rencontre entre sa propre basse et la note appropriée du Passamezzo mais, entre ces rencontres, sa basse libre continue son chemin d’une façon inattendue et harmoniquement complexe. Il s’ensuit que les phrases sont exceptionnellement longues, même pour Byrd. Puisque la première strophe est suivie de sa reprise variée, le premier paragraphe principal occupe soixante-quatre mesures, plus long que certaines de ses pavanes entières. Les pièces Quadran ne sont que superficiellement dans les formes de “danse” de pavane et gaillarde ; puisque les deux doivent visiblement être jouées ensemble, elles sont transformées par la présence unificatrice de la basse du Passamezzo moderno, pour créer un ground d’une ampleur exceptionnelle, sans comparaison dans la musique anglaise ou continentale de l’époque. Byrd crée ici un langage musical unique. La pavane contient quelques unes des dissonances les plus grinçantes qu’il ait jamais composées.

Le titre “Quadran” se réfère à la tonalité de sol majeur, et au signe carré utilisé en notation musicale pour indiquer un bécarre pour la note si, c’est-à-dire la tierce majeure de l’accord de tonique de sol majeur. (Le Passamezzo antico, étant en sol mineur, utilise un bémol pour indiquer la tierce mineure de l’accord de tonique.) Puisqu’à l’époque, on appelait le si bécarre le “B quadratum”, l’origine du surnom “Quadran” (ou parfois “Quadrant” ou “Quadro”) devient évidente. Morley, dans son livre, parle d’une basse souvent chantée chez les coiffeurs, en l’appelant un “ Gregory Walker” : “En dérision, ils donnent ce nom à la pavane quadrant, car elle marche [‘walk’] parmi les coiffeurs et les musiciens de la rue plus souvent que d’autres” (PEIPM, p. 120).

Trois pièces intéressantes sur le “Quadro” sont composées pour luth par John Johnson. Elles doivent précéder les pièces de Byrd. Morley et Bull ont également composé des pavanes pour clavier sur la même basse, adoptant la forme “à trente-deux” (Forster, p. 96 et FVB, n° 31, respectivement), probablement vers la fin des années 1580 et sous l’influence de la grande pavane Passinge mesures de Byrd ; ce dernier semble avoir répondu à Morley et Bull avec ces deux pièces basées sur la basse Quadran dans les années 1590, car il a incorporé, peut-être en hommage, quelques petites références mélodiques et harmoniques à leurs œuvres moins complexes. Plus tard, Bull écrira une autre version encore, FVB n° 32, plus brillante, qui rendra hommage à nouveau à la Quadran de Byrd.

Thomas Tomkins a inclus les deux remarquables pièces Quadran de Byrd dans sa première liste de Lessons of worthe, en ajoutant qu’elles sont “Excellentes pour la matière”. Les versions de Bull y figurent aussi, signalées comme “Excellentes pour la main”. Sans doute il ne faudrait pas voir dans cette formule un manque d’estime pour Bull, dont les œuvres Quadran utilisent une technique très impressionnante. Pourtant, Tomkins était bien placé pour reconnaître dans l’œuvre de son maître la qualité exceptionnelle de la matière musicale et la façon dont elle est traitée.

extrait des notes rédigées par Davitt Moroney © 1999