The bells, BK38

composer
FVB (No 69). [Neighbour, p 122]

 
The ‘bells’ of the title would appear to be only two in number. They can be heard in the bass throughout the work, forming an exceptionally short ground. The downward scales heard in the second part of the work are probably not intended to sound bell-like and are unlikely to be the bells of the title; in the sixteenth century, bell towers did not have enough bells to sound a scale or to do ‘change ringing’. Byrd’s piece evokes a simple belfry such as he might have heard in the Essex countryside. One of Byrd’s most famous works, it is difficult to date but was no doubt written before 1600. (A complex orchestral version made by Carl Orff in 1928, titled Entrata, helped to make it more known in the earlier twentieth century.) Other bell pieces of the period include Thomas Robinson’s Twenty waies upon the Bells for two lutes, and the closing section of the keyboard work A Battle and no Battle, probably by John Bull where, after a section marked ‘The knell, first slow, then quick ten times’, a short passage marked ‘Bells of Osney, quick, 20 times’ occurs, bringing the work to a close. Byrd’s work is a ‘short’ ground, being based on the shortest such bass pattern known in English keyboard music, just one bar with two notes in it, C and D alternating hypnotically. In this performance I have deliberately allowed the harpsichord to ring as much as possible, with minimal damping of the strings, in order to accentuate the bell-like effect at the start, further accentuated by the temperament and the C major tonality, chacteristic of the Ionian mode. Similar one-bar basses were also later used in Italy, as is shown by the Canzonetta spirituale sopra alla nanna, ‘Hor ch’é tempo di dormire’, by Tarquinio Merula (1594-1665), based on two similarly alternating adjacent bass notes (A and B flat). Since Byrd’s aim is to exploit the hypnotic, unchanging sound of the bells in the bass, it would be futile to search here for harmonic variety. Instead, he gradually builds up large paragraphs of sound, cells of imitative discourse and then of brilliant keyboard figuration, which outline a sophisticated structure quite independent of the innocent little one-bar ground. The extraordinary outpouring of rapid semiquavers towards the end make this piece one of Byrd’s most virtuoso, deploying a keyboard technique considerably in excess of anything found in the music of his contemporaries, or indeed in his own music, apart from Jhon come kisse me now (BK81). Yet simple digital display for its own sake was never of great interest for Byrd and at the end he calms the music down again with a fine decrescendo of movement and energy. (The FVB text is clearly defective and has been reordered here by inverting the sections numbered ‘4’ and ‘5’.)

from notes by Davitt Moroney © 1999

Les “cloches” du titre semblent n’être que deux. On peut les entendre à la basse tout le long de cette œuvre, formant ainsi le ground. Les cascades de gammes descendantes, entendues dans la deuxième partie de la pièce, n’étaient probablement pas conçues pour imiter des cloches, et ne seraient donc pas en rapport avec le titre. En effet, au XVIe siècle, la plupart des clochers n’avaient pas assez de cloches pour sonner les huit notes d’une octave en “carillon” ou pour faire le fameux change-ringing (tradition anglaise à partir du XVIIIe siècle). Cette œuvre évoquerait, donc, un beffroi modeste, tels ceux que le compositeur a dû connaître dans la campagne du comté d’Essex. La pièce est difficile à dater, mais est sans doute écrite avant 1600. Elle est l’une des plus connues de Byrd. (Une version complexe pour orchestre, faite par Carl Orff in 1928 et intitulée Entrata, a largement contribué à sa réputation au XXe siècle.) D’autres pièces de l’époque dans le style des cloches sont connues : Twenty waies upon the Bells pour deux luths de Thomas Robinson; et la dernière partie d’une œuvre pour clavier, A Battle and no Battle, probablement de John Bull, qui se termine par un passage marqué “Le glas, d’abord lentement, puis rapidement dix fois”, et par une courte phrase musicale “Les Cloches d’Osney, rapidement vingt fois”.

The Bells est un “ground court”, étant basé sur le plus bref des schémas connus dans la musique anglaise pour clavier car il n’y a qu’une mesure, avec deux notes, ut et ré, en alternance. J’ai délibérément laissé résonner les cordes du clavecin autant que possible, sans laisser les étouffoirs de l’instrument couper la sonorité à la fin de chaque note, afin de mieux accentuer l’effet de cloches du début, qui est renforcé par le tempérament et par la tonalité d’ut majeur, caractéristique du mode ionien. D’autres basses comparables seront utilisées plus tard en Italie, par exemple dans la Canzonetta spirituale sopra alla nanna, “Hor ch’é tempo di dormire” de Tarquinio Merula (1594-1665), construite également sur deux notes qui s’alternent à la basse (la et si bémol). Puisque le but de Byrd ici est précisément d’exploiter l’aspect hypnotique de ces deux cloches, il serait futile d’y chercher une grande variété harmonique. En revanche, Byrd fait s’accumuler des paragraphes sonores en cellules de discours imitatif, et puis en de brillantes figurations claviéristiques. Ainsi il met en place une structure sophistiquée totalement indépendante de la petite basse d’une mesure. Les doubles-croches abondent vers la fin, et contribuent à faire de cette pièce l’une des plus brillantes de Byrd. Ici, la technique digitale dépasse nettement celle des œuvres de ses contemporains et même celle de la plupart de ses propres œuvres pour clavier (sauf Jhon come kisse me now, BK81). Mais l’exhibition de la virtuosité n’a jamais été une fin en soi pour lui et dans la dernière partie il réimpose le calme par un beau decrescendo de mouvement et d’énergie. (Le texte dans le FVB est visiblement fautif : je l’ai réorganisé en inversant les parties numérotées “4” et “5” dans la source.)

extrait des notes rédigées par Davitt Moroney © 1999

Recordings

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Details

Track 2 on CDS44461/7 CD1 [5'37] 7CDs Boxed set (at a special price)
Track 3 on CDA66558 [5'37] Deleted

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