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Puisque j'ai mis ma lèvre

composer
C major (original key) 2/4 no tempo marking in the manuscript
author of text

 
This was among the six songs that Fauré, while still enrolled as a pupil at the École Niedermeyer under the tutelage of Saint-Saëns, offered to the publisher Choudens as early as 1864. These were all to Hugo texts: Le papillon et la fleur, Mai, S’il est un charmant gazon (which bears the title Rêve d’amour), Puisqu’ici-bas toute âme (a solo version of the song we know today only as a duet), L’aube naît and Puisque j’ai mis ma lèvre. This publishing venture came to nothing, although the great poet (still in exile) was consulted over his expectations for prospective royalties. L’aube naît has disappeared entirely; not even a sketch remains. Puisque j’ai mis ma lèvre, however, has survived in a particularly handsome autograph, a testament to Fauré’s fastidious penmanship at the age of seventeen. This song has never been published, and I am extremely grateful to M. Thierry Bodin for allowing me access to the manuscript in his possession. The heading is ‘Poésie de Victor Hugo, mise en musique par Gabriel Fauré’. The poet himself gave this lyric no title (it was published simply as No XXV of Hugo’s Les chants du crépuscule, 1835); perhaps the young composer thought it inappropriate or cheeky to adopt the rather erotic first line of the poem as his title.

In 1910 Fauré confessed that he had never set Hugo successfully. Even if this is the case by the composer’s own highest standards, it is difficult to see why the composer thought that Puisque j’ai mis ma lèvre was less worth publishing than, say, his Rêve d’amour. In the middle of the song one might point out a slightly awkward corner (at the end of the music for verse 3, and the first few lines of verse 4). If the musical transitions here are less than ideally smooth, these small flaws are surely outweighed by the elegance of the accompaniment (an early essay in the madrigal style with left-hand staccati suggesting a plucked lute) and the graceful vocal line which encourages a tenor to charm the ear with his mezza voce. The cool poise of Fauré’s song announces a madrigal style that was to be revisited for the rest of his career. The swooning eroticism of Reynaldo Hahn’s setting of the same words (in his second recueil) suggests a lover almost drunk with rapture. This may be true to Hugo, but it is not Fauré’s temperament, and as he got older he realized how much happier he was with less fiery collaborators.

from notes by Graham Johnson © 2005

Cette pièce fait partie des six mélodies que Fauré, encore élève à l’école Niedermeyer sous la tutelle de Saint-Saëns, proposa à l’éditeur Choudens dès 1864, et qui mettaient toutes en musique des textes de Victor Hugo: Le papillon et la fleur, Mai, S’il est un charmant gazon (sous le titre de Rêve d’amour), Puisqu’ici-bas toute âme (une version solo de la mélodie connue aujourd’hui uniquement sous forme de duo), L’aube naît et Puisque j’ai mis ma lèvre. Cette aventure éditoriale resta sans suite, mais le grand poète (encore en exil) fut tout de même consulté sur ses attentes quant à d’éventuels droits d’auteur. Si L’aube naît a totalement disparu—il n’en subsiste pas même une esquisse—, Puisque j’ai mis ma lèvre nous est parvenue dans une copie autographe particulièrement belle, témoignage de la calligraphie soignée d’un Fauré de dix-sept ans. Cette mélodie n’a jamais été publiée et je suis extrêmement reconnaissant à M. Thierry Bodin de m’avoir autorisé l’accès au manuscrit en sa possession, intitulé «Poésie de Victor Hugo, mise en musique par Gabriel Fauré». Le poète lui-même avait laissé cette œuvre sans titre (elle parut simplement, en 1835, sous le noXXV des Chants du crépuscule); le jeune compositeur, lui, jugea peut-être malvenu, voire impertinent, de prendre pour titre le premier vers, plutôt érotique, du poème.

En 1910, Fauré avoua n’avoir jamais vraiment réussi à mettre Hugo en musique. Même si tel est le cas au regard de ses critères les plus élevés, on comprend mal pourquoi il trouva Puisque j’ai mis ma lèvre moins digne d’être publiée que, disons, Rêve d’amour. Signalons, au milieu de la mélodie, un tournant quelque peu maladroit (à la fin de la musique de la strophe 3 et des premiers vers de la strophe 4) et, si les transitions musicales sont tout sauf idéalement coulantes, ces petits défauts sont assurément compensés par l’élégance de l’accompagnement (essai de jeunesse dans le style madrigalesque avec des staccati à la main gauche évoquant un luth pincé), mais aussi par la gracieuse ligne vocale qui incite un ténor à nous charmer l’oreille de son messa voce. Le calme équilibre de cette mélodie annonce un style de madrigal auquel Fauré devait revenir toute sa carrière durant. L’érotisme en pâmoison de la mise en musique que Reynaldo Hahn fit des mêmes mots, dans son second recueil, insinue un amant presque ivre d’extase—une suggestion qui, pour être peut-être vraie chez Hugo, ne correspond absolument pas au tempérament d’un Fauré qui, l’âge venant, comprit d’ailleurs combien il était plus heureux avec des auteurs moins enflammés.

extrait des notes rédigées par Graham Johnson © 2005
Français: Hypérion

Recordings

Fauré: The Complete Songs, Vol. 3 – Chanson d'amour
CDA67335

Details

Track 1 on CDA67335 [3'10]

Track-specific metadata for CDA67335 track 1

Artists
ISRC
GB-AJY-05-33501
Duration
3'10
Recording date
4 August 2004
Recording venue
All Saints' Church, East Finchley, London, United Kingdom
Recording producer
Recording engineer
Hyperion usage
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